Un rapide retour sur le passé de LONGEVES.

Il n’est pas facile de raconter, même brièvement, l’histoire de Longèves, faute de documents accessibles. La reconstitution qui suit provient de quelques ouvrages (1). Elle s’arrête pratiquement au XIXème siècle ou au début du XXème.

Une très lointaine origine.

La preuve de l’occupation du site de Longèves remonterait en l’état actuel de nos connaissances au 3ème siècle après Jésus Christ, des monnaies romaines ont, en effet, été retrouvées sur le territoire de la commune : elles avaient été frappées entre 260 et 275 après J.C sous l’empereur Gallo-Romain POSTUMUS.

Le fameux « chemin vers » dont on a retrouvé la trace à Fontenay, traverse la commune, du côté du « Pont Buaille » ; il s’agit d’une ancienne voie romaine … Le domaine de la Court (Curtis en latin) remonterait au Vème siècle… Enfin, le bourg a dû être un oppidum, c’est-à-dire un fort Gallo-Romain, très bien situé au dessus de notre rivière dont le nom – est-il nécessaire de le rappeler – est d’origine latine (Longa Aqua, longue eau, qui a donné longe-ève ou aive).

Le Moyen Age.

Le noyau du village de Longèves est constitué, au Moyen Age, par la Seigneurie de la Court et l’église (il n’est pas prouvé que les arabes d’Espagne, ceux qui furent vaincus à Poitiers, par Charles Martel, aient occupé Longèves et  bâti un château sur l’actuel emplacement de La Court, comme l’ont affirmé quelques historiens…).

Au Xème siècle, La Cour appartenait à des Moines et l’Eglise a été construite en l’an 989, elle était entourée par un cimetière. Le domaine de la Court a longtemps dépendu du Comte de Poitou. Au XIIème siècle, après la disparition de l’église d’origine, une église romane a été édifiée, au même endroit (les seigneurs de la Court pouvaient suivre les offices derrière une fenêtre grillagée, percée dans le mur à gauche de la nef).

Puy Bernier apparaît au XIVème siècle dans l’histoire locale Bernier en fut le premier seigneur. Au début du XVème siècle, se constitue la seigneurie de la Grange relevant du château de Vouvant.

Quant au Breuil, sa création remonterait au Xème siècle d’après une charte de 989.

Pendant tout le moyen-âge et même longtemps au delà, les environs de Pahu – qui étaient probablement boisés – devaient être des lieux de prédilection pour les fées, les mages et les sorciers si l’on se rapporte à certains de leurs noms, encore connus à la fin du XIXème siècle : le Chiron du Garou, la pierre fâche, la pierre de la folie, la lande aux carns (pierres levées) … ou menhirs.

On voit (au dessus du pré Pahu) certaines nuits, une blanche lumière qui efface la clarté des étoiles (2).

De nombreux sarcophages, dont certains remonteraient aux Mérovingiens, ont été découverts dans des Tombeaux près de l’actuelle ferme de Pahu.

Du XVème au XVIIIème siècle…

Un châtelain de la Court, Louis de Beaumont, employé par Charles Sept et Louis Onze, fut un des quinze premiers chevaliers de l’Ordre de St Michel créé par ce dernier en 1469.

Le XVIème siècle, le grand siècle de Fontenay a laissé quelques traces à Longèves :

– René Viète, le frère cadet du célèbre François VIETE, a habité le Breuil ;

– Claude Tiraqueau, fille du non moins célèbre André TIRAQUEAU, a occupé la Grange avec son mari un certain Raoul GALLIER.

– Un riche bourgeois de Fontenay, GOBIN, aurait été propriétaire de la Vaudurand.

Longèves n’a pas été épargnée par les guerres de religion au cours desquelles, près du tiers de la population de la Vendée fut converti au protestantisme : l’église a été incendiée en 1568 et sans doute, quelques maisons de notables catholiques… La présence d’un temple protestant a été attestée à Puy Bernier : il aurait été ouvert en 1575 par un certain André ROBERT à ses coreligionnaires.

Les XVIIème et XVIIIème siècles laissent peu de traces : un noble de Longèves, Philippe Célestin de Puybernier, a exploré les côtes d’Afrique et fut  capitaine de vaisseau en 1785.

L’église a été reconstruite et meublée (le grand christ qui fut longtemps suspendu au côté gauche de la nef en face de la chaire et qui est actuellement derrière l’autel serait antérieur à la Révolution).

La croix de la Barre, à l’embranchement du chemin de la Grange – face à l’école communale – a été élevée en 1702 en souvenir d’une mission. Voici l’inscription du socle :

« Monument éternel des grâces qui furent répandues sur les habitants de cette paroisse pour leur piété et leurs libéralités dans la mission…

Pol Limousin leur pasteur le 13 janvier 1702. »

De la Révolution Française au XXème siècle

C’est en 1788 qu’il est demandé aux habitants de la commune de répondre à un questionnaire dont les réponses serviront à l’établissement d’un cahier de doléances pour les Etats Généraux convoqués par Louis XVI.

Il ressort des réponses que les ponts sont en ruine, les chemins à l’abandon et les villageois très pauvres… Bien entendu, on se plaint des impôts, de celui sur le sel en particulier (« le chemin vers » est devenu depuis longtemps, le chemin des Sauniers qui transportent à Fontenay le sel des marais du Nord et de l’Ouest de la Vendée).

Les réponses aux questionnaires, rédigées par le Curé, sont signées par les notables parmi lesquels figure un nommé Berland.

Pendant la révolution, Longèves n’est pas touchée par la révolte royaliste, la majorité de sa population est républicaine. Le curé Jean-Jacques CORBIER prête serment à la Constitution malgré l’interdiction de son évêque. Toutefois François Gourdeau dont la famille est propriétaire de la Court depuis 1625 combat contre les armées républicaines aux côtés de Charette, puis dans l’armée des Princes.

La période de l’Empire est illustrée à Longèves par le Général BELLIARD qui devient propriétaire de la ferme de Pahu édifiée sur un lieu très antique dit le vieux domaine. Belliard introduit dans le pays les moutons mérinos et l’élevage de chevaux arabes ramenés d’Egypte.

Tout le XIXème siècle se déroule sans événement marquant à Longèves : en 1845, le presbytère est construit, l’ancien cimetière jouxtant l’église est abandonné pour l’actuel cimetière ; la croix dite de Petosse est élevée en 1889, celle de Pahu en 1871 ; Léonce Rousteau, curé qui vécut 90 ans (1825-1915) fit les pèlerinages de Jérusalem et de Rome et restaura l’église.

Quand on arrive au vingtième siècle ce n’est déjà plus le passé, sauf pour les très jeunes générations. Evoquons cependant, à l’intention de ceux et de celles qui les ont bien connus, les noms des amis des pauvres et des souffrants que furent le Saint curé Pierre FERRE et le curé Emile MESLEARD.

Comme nous l’avons écrit en commençant, ce bref rappel du passé de Longèves comporte bien des lacunes et il est presque muet sur les XIXème et XXème siècles, muet aussi sur ce que fut l’existence quotidienne, au long des siècles, de ces habitants, les paysans d’autrefois, les agriculteurs d’aujourd’hui, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui, en fin de compte, ont fait l’histoire de notre bourg et de ses villages.

Jacques JOUANNET

(1) Notamment, recherche sur Fontenay (1846) par B. FILLON, chroniques paroissiales-TXI-(1924) par l’Abbé A. POIRIER, la Vendée des origines à nos jours (1982).

(2) Rapporté par l’Abbé POIRIER dans sa chronique paroissiale sur Longèves.